Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de l’aventure de PlanetSolar, vous pouvez vous rafraîchir la mémoire ici.PpsPhoto de PlanetSolar tirée du site PlanetSolar.org

Ce vendredi 4 mai 2012, PlanetSolar, qui navigue sous pavillon suisse, boucle le premier tour du monde effectué exclusivement grâce à l’énergie du soleil. Ce voyage riche de très nombreuses escales a duré 585 jours.  Je tiens à saluer cet exploit extraordinaire qui démontre que ce mode de propulsion est particulièrement bien adapté à la navigation, spécialement à la navigation de plaisance. 

Au moment où toute l’équipe de PlanetSolar va fêter ce magnifique succès dans la Principauté de Monaco, il ne faudrait pas oublier les pionniers suisses sans qui le projet PlanetSolar n’aurait pas pu être réalisé. Raphaël Domjan qui a eu l’idée de ce tour du monde et a porté ce projet dès son début a bien heureusement bénéficié d’un important travail de préparation effectué par MW-Line à Yvonand dont les Ingénieurs bénéficiaient d’une très grande expérience en matière de construction de bateaux électro-solaires et du prestige important d’avoir été les constructeurs de SUN 21, le premier catamaran solaire ayant traversé l’Atlantique en 2006-2007. Ils avaient par leur travail et leur expérience de navigation tous les atouts en mains pour poursuivre l’aventure autour du monde, excepté les moyens financiers. Je tiens donc à saluer ici ces vrais pionniers que sont MM. Mark Wüest et Richard Mesple ainsi que les autres collaborateurs de MW-Line, société maintenant disparue, dont le savoir-faire  a servi à rendre crédible le projet PlanetSolar auprès de son investisseur.

La conception de PlanetSolar peut être questionnée. Il se pourrait bien que les limites raisonnables qui prévalent pour un rapport optimal entre le  poids, la surface disponible pour les panneaux photovoltaïques, la puissance des moteurs et la nature tout à fait particulière des hélices qui battent l’air sur une partie de leur circonférence, aient été dépassées et ne constituent pas le meilleur rapport du point de vue du rendement énergétique de l’ensemble du système. Toutes les données techniques n’étant pas connues, cela reste à évaluer.

Je ne connais pas le budget de PlanetSolar, le chiffre de 20 million d’euros a été évoqué. Avec la même somme on aurait pu construire une bonne dizaine bateaux électro-solaires plus performants que ce bâtiment hors du commun. SolarWave, le catamaran électro-solaire autrichien de Michael Köhler, qui lui aussi,  voulait être le premier à faire tour du monde à l’électro-solaire et y a renoncé pour ne pas être ‘’que’’ le deuxième, n’a probablement coûté qu’un vingtième de la somme consacrée à PlanetSolar, ceci  pour des performances peut-être même supérieures.   

Et qu’en est-il de la question très sensible de la consommation du CO2 ? Bien sûr le bateau a été mu exclusivement grâce au soleil, mais qu’en est-il du mode de cuisson à bord, de l’approvisionnement en eau potable, de la propulsion des annexes, des innombrables déplacements en avion des membres de l’équipage aux quatre coins du monde ? On peut légitimement penser que le bilan global CO2 de l’aventure en soit fortement affecté. 

Que l’on me comprenne bien, il ne s’agit pas de dénigrer cette aventure formidable, bien au contraire et j’ose espérer qu’au cours de ces presque 20 mois de navigation certains points faibles aient été bien identifiés qui serviront à faire avancer la cause de la navigation électro-solaire, cela dans l’intérêt de l’industrie, car je suis persuadé que l’électro-solaire appliqué à la navigation a un bel avenir, particulièrement sur nos lacs.

Pour en savoir plus sur PlanetSolar et sa magnifique aventure autour du monde :  PLANETSOLAR

Pour connaître SolarWave, un catamaran électro-solaire autrichien des plus performant :  SOLARWAVE

Le blog d'un connaisseur: CLEANBOAT